Sopa de Chipilin de Baggio

Sopa de Chipilin de Baggio

Auteur : Our Place | 13 janvier 2022 | Temps de lecture : 7 min

Sopa de Chipilin de Baggio

Dans le cadre de notre série The Way We Heal, le graphiste et cuisinier amateur Baggio Ardon nous a montré comment préparer la sopa de chipilin, qui utilise une légumineuse originaire de son pays natal, le Salvador. Pour Baggio, les recettes qui guérissent sont profondément liées à ses ancêtres et à son identité. Pour la nouvelle année, il espère apprendre davantage de recettes propres à son héritage…

Que vous évoque le mot guérison ?

Baggio : « La guérison est aussi physique que mentale et spirituelle. La nourriture, pour nous, en est une part importante. Nous l’utilisons pour calmer les nerfs, nous soulager de la maladie et renouer avec nos ancêtres. C’est la seule pratique que nous pouvons faire quotidiennement, qui a été faite par chaque génération avant nous et qui, en soi, est curative."

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu d’une personne plus âgée ?

Baggio : « Les choses, aussi désespérées ou douloureuses soient-elles, finissent toujours par s’arranger. Quoi qu’il arrive, nous finissons toujours par surmonter les épreuves et continuer d’avancer. »

Quels rituels culinaires vous aident à vous recentrer ?

Baggio : « L’acte de laisser une offrande en signe de gratitude. Nous laissons souvent des verres d’eau, de petits souvenirs, du cacao ou de petites pierres précieuses en offrande à nos ancêtres. L’acte en lui-même me rappelle d’être reconnaissant(e), de reconnaître ce que je possède et de témoigner du respect pour les sacrifices de ceux qui m’ont précédé(e). »

Quels aliments, épices et herbes trouvez-vous particulièrement réconfortants ?

Baggio : « Cacao et maïs, de manières distinctes. Tout ce qui est fraîchement préparé avec de la masa, qu’il s’agisse de pupusas ou de tortillas, me ramène directement à la maison. Il y a une odeur particulière de tortillas cuites sur un comal qui m’apporte réconfort et joie, apaisant pour un instant toute anxiété et tout stress. Dans la même veine, le cacao est un remède tout aussi puissant. L’odeur du cacao torréfié, l’effort nécessaire pour le moudre avec de la cannelle pour en faire du chocolat, et enfin le préparer en boisson, tout cela est profondément sentimental. Un geste répété de la même manière depuis mille ans. »

En quoi votre rapport à la nourriture diffère-t-il de celui de vos parents ou de vos grands-parents ?

Baggio : « Mes grands-parents et mes parents ont vécu des époques de survie, où la nourriture était un luxe. Nous avons perdu de nombreuses traditions en chemin car elles ne remplissaient plus aucune fonction essentielle. Ma relation, pour laquelle je suis éternellement reconnaissant(e), consiste à faire revivre nos anciennes traditions familiales et culturelles. Nous n’avons plus besoin de considérer la nourriture comme une denrée rare, ce qui n’a pas été le cas depuis des générations. Il est temps de reconnaître le pouvoir qu’elle a exercé au fil des ans, en nous maintenant unis à travers toutes les épreuves. »

Y a-t-il une idée reçue sur l’approche du bien-être dans votre culture que vous aimeriez dissiper ?

Baggio : "Il existe cette idée que notre nourriture est bon marché, simple et, surtout, malsaine. Ce qui me frustre, c'est que ces aliments, qui sont extrêmement malsains, bon marché et simples, ne sont pas nos aliments. Il s'agit d'une version occidentalisée destinée à un public américain, une pâle copie de ses origines véritablement anciennes et complexes. Prenons la tortilla, principalement associée aux tacos et aux nachos de restauration rapide. Si peu de gens prennent la peine de comprendre l'histoire, la saveur et le processus de fabrication des tortillas authentiques, dont l'histoire remonte à plusieurs millénaires et nécessite une chimie complexe pour être créée."

Que symbolise la nouvelle année pour vous personnellement ?

Baggio : « Le Nouvel An est un nouveau cycle, une chance de récolter mon ambition tenace et d’enfin avancer vers mes objectifs. Dans le calendrier nahua, le 1er janvier 2022 est le 13e jour, le dernier jour du cycle symbolisant la fin de l'ancien et un nouveau départ. Je ne crois pas que ce soit une simple coïncidence, je crois que c’est vraiment une période propice aux grandes opportunités. »

Quel est l’aliment ou le rituel de votre culture qui a été approprié / sous-estimé / commercialisé :

Baggio : « Pupusas. C’est un plat très apprécié qui est devenu un symbole de la cuisine salvadorienne. Malheureusement, elle est aussi perçue comme l’unique plat du Salvador et fait l’objet des mêmes idées reçues que la cuisine mexicaine : bon marché, bâclée et mauvaise pour la santé. Peu de gens comprennent la richesse de la cuisine salvadorienne, et peu s’en soucient. Le Salvador ne se résume pas aux pupusas, et les pupusas ne se résument pas au fromage, aux haricots et à la viande. »

Quelle est la chose que vous avez dû désapprendre concernant la santé ?

Baggio : « La santé ne se mérite pas. Je pense qu’il existe cette idée selon laquelle la santé est quelque chose que l’on doit constamment chercher à atteindre, et non quelque chose que l’on possède dès le départ. Mais pour beaucoup d’entre nous, nous avons commencé avec des régimes très sains et équilibrés. Les haricots, les piments, la courge, le fromage, et même le maïs nixtamalisé ont leurs bienfaits. Ce que nous devons faire, c’est apprendre à utiliser nos aliments et ne pas les échanger contre des alternatives occidentales coûteuses sous prétexte qu’elles seraient plus saines. »

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez intégrer à votre pratique culinaire pour la nouvelle année ?

Baggio : « Je veux apprendre davantage de recettes ancestrales et autochtones. Bien que la majorité des plats que je prépare aient des racines autochtones, je souhaite approfondir les recettes que l’on ne trouve pas dans les livres ou en ligne. Je veux apprendre à connaître les plats et les méthodes de préparation de ma famille et de nos communautés. »

Le bien-être n’est pas…

Baggio : « Nouveau. Le bien-être a toujours été là, a toujours été une option. Et bien que beaucoup d’entre nous, surtout dans nos communautés, aient perdu ou oublié comment pratiquer le bien-être, ce n’est pas une invention occidentale récente. »

Sopa de Chipilin de Baggio


Recette de Baggio Ardon (@baggioardon.design)

Sopa de Chipilin de Baggio

Quantité

4 à 6

Ce qu’il vous faut

Ingrédients

  • 2 c. à s. huile d’olive
  • 1 gousse d’ail émincée
  • 1 gros oignon haché
  • 2 grosses carottes, tranchées
  • 4 pommes de terre, coupées en quatre
  • 1 verre de riz
  • 1 tomate
  • 225 g de haricots verts, coupés
  • 1 poivron vert haché (facultatif)
  • 240 ml de chipilin (si surgelé, 1 sachet de 170 g)
  • 1 c. à c. environ achiote (moulu)
  • 1 c. à s. approx. cumin (moulu)
  • Sel et poivre (selon le goût)
  • Citron vert (selon le goût)
  • Sauce piquante de votre choix (facultatif, selon votre gout)

Préparation

Étape 1

Remplir votre Perfect Pot d’eau et porter à frémissement. Ajouter de l’huile d’olive.

Étape 2

En attendant que l’eau chauffe, préparez vos légumes. Séparez-les du plus dur au plus tendre, ce sera l’ordre dans lequel vous les ajouterez dans le faitout. Si vous utilisez des oignons mexicains ou des cébettes, ajoutez uniquement les extrémités blanches dans le faitout. Gardez les parties vertes pour la fin. 


Conseil : si vous utilisez du chipilin frais, effeuillez-le et retirez les tiges. Les tiges sont plus amères et fibreuses.

Étape 3

Une fois l’eau à ébullition, ajoutez d’abord les légumes les plus durs et les plus épais. Commencer par les pommes de terre, les oignons, les poivrons et les carottes.

Étape 4

Commencez à ajouter vos épices, en vérifiant l'assaisonnement au fur et à mesure. Veillez a ne pas trop saler.

Étape 5

Une fois que les pommes de terre et les carottes ont ramolli, ajouter le riz.

Étape 6

Au bout de 10 minutes environ, ajouter les légumes plus tendres, en laissant de côté le chipilin et les extrémités d’oignon vert optionnelles. Cette étape inclut des tomates, des haricots verts et de l’ail.

Étape 7

Une fois le riz bien cuit, ajouter le chipilin et laisser cuire quelques minutes seulement. Préparez votre bol.

Étape 8

Servir avec du citron vert, selon le goût, et garnir avec les extrémités des cébettes émincées. Nous ajoutons souvent un trait de notre sauce piquante préférée pour un peu plus de piquant. C’est particulièrement utile si vous consommez cette soupe lorsque vous êtes malade.

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